Discours pour les 25 ans de MANDAT de
MAIRE de Monsieur BERTRAND
La manifestation sympathique en l'honneur de
M. Charles BERTRAND, maire de Cabourg


M. Charles Bertrand, maire de Cabourg, fut fêté, dimanche dernier avec la reconnaissance et les honneurs que lui devait la ville.

Ce fut sincère et si grand dans sa simplicité que nous ne reproduirons certainement pas la fête telle qu'elle lui fut faite ; fête de famille, où les anciens ont prouvé leur cordialité et leur attachement à l'aîné et où les enfants et toute la jeunesse ont tourbillonné pour manifester leur joie et leur franche amitié à l'homme qu'ils connaissent pour sa bonté, son grand cœur, l'ami de tous, le protecteur des pauvres.

Ce fut beau et la sympathie de la population envers M. Charles Bertrand se manifesta toute la journée.

Le Conseil municipal lui fit fête dans un déjeuner intime, chez M. Bergeret, qui, en l'occurrence, affirma la bonne renommée de l'hôtel des Ducs de Normandie, et M. Caillet, Adjoint, y prononça le discours suivant, en lui offrant une plaquette de bronze au nom des conseillers :

Mon Cher Maire,
Mes Chers Collègues,

Notre réunion toute intime de ce jour, a pour but, mon Cher Maire, de fêter le vingt-cinquième anniversaire de votre entrée à la Mairie de Cabourg. Je suis très heureux d'être auprès de vous l'interprète de nos collègues du conseil, et de vous adresser à l'occasion de vos " Noces d'Argent municipales " nos bien cordiales félicitations en y joignant l'assurance de notre vive amitié. La mission est agréable, le sujet facile à traiter, point n'est besoin d'éloquence ni de rhétorique, il me suffira d'exprimer simplement et sincèrement, les sentiments intimes de chacun de nous.

Vingt-cinq années se sont écoulées, depuis le jour où, la confiance des électeurs et des membres du Conseil municipal vous a placé et maintenu, sans la moindre interruption, à la tête de la commune. Ce fut, je dois l'avouer, une heureuse inspiration du corps électoral.

En effet, au cours de cette longue période, vous n'avez cessé de travailler au développement et à la prospérité de notre plage. Vous avez été l'artisan convaincu et dévoué de sa fortune. . C'est à votre volonté, à votre ténacité, que Cabourg doit son ascension au rang des plages les plus réputées.

Affable, bienveillant, l'abord facile et souriant, la bourse toujours largement ouverte, vous venez en aide sans compter à toutes les œuvres de bienfaisance et de solidarité sociale. Jamais les malheureux ne font en vain appel à votre générosité, souvent même vous prévenez leurs sollicitations. Aussi, nous savons tous de quelle affection, de quelle sympathie, la population de Cabourg entoure son maire, M. Charles, car c'est ainsi, si je ne m'abuse, que vous nomment familièrement les vieux cabourgeais.

Pour nous, vos collaborateurs, anciens et nouveaux, nous avons pu apprécier au cours de nos réunions, votre cordiale bonhomie, votre cœur excellent et la sûreté de nos relations. Notre plus vif désir est de continuer avec vous l'œuvre commencée ; également animés de la meilleure volonté, tous unis dans un même effort, nous poursuivrons avec vous la tâche que les électeurs nous ont confiée : la défense des intérêts communaux et l'embellissement de notre petite cité, Cabourg, la reine des plages.

En terminant, je lève mon verre en votre honneur, mon Cher Maire, je bois à votre santé, à la santé de nos Collègues du Conseil municipal, à la prospérité de Cabourg.


Ensuite, enfants, jeunes filles et jeunes gens, dames et sociétés locales l'acclameront vers 4 heures 1/2, dans la salle des fêtes de l'hôtel de ville, en lui offrant fleurs et souvenirs : au nom de la population cabourgeaise, les jeunes filles et jeunes gens offrirent deux gerbes de fleurs, une breloque en or et un objet d'art ; l'union sportive cabourgeaise, un joli souvenir ; les sapeurs pompiers, une superbe gerbe de fleurs et le souvenir français une non moins jolie gerbe ; ces présentations furent précédées d'un très gentil compliment fait par une jeune fille et suivies de quelques paroles chaudes et vibrantes de M. Delarbre à l'égard du maire de Cabourg ; M. Charles Bertrand fut très touché de cette manifestation spontanée et amicale de la population pour le fêter à l'occasion de ses vingt-cinq années de magistrature municipale, il y répondit plus par le cœur que par un discours, il embrassa les jeunes et gentilles têtes blondes et brunes qui l'entouraient, les larmes aux yeux il remercia chaleureusement la nombreuse assistance qui l'acclamait et le champagne fut versé.

A son arrivée à la mairie, M. Charles Bertrand , accompagné des membres du conseil et d'amis, fut reçu par madame Chambon, présidente du comité.

A cette belle réunion, les Ménestrels et Mlle Lemonnier pianiste, prêtaient leur gracieux concours, en l'agrémentant de quelques morceaux très bien enlevés et M. Girod voulut bien y faire entendre sa belle voix de ténor.

Le soir, à 8 heures, un banquet était offert à M. Charles Bertrand par les commerçants et ses amis, chez M. Vieilpeau, hôtel du Grand-Balcon.

Soixante-dix convives étaient présents pour serrer la main d'un bon camarade, en même temps d'un ami sincère qui, depuis 25 ans, a tout affronté et beaucoup apporté pour faire de Cabourg ce qu'il est aujourd'hui.

Le menu fut exquis, les vins succulents et la quantité égalant la qualité, tous y firent le plus grand honneur.

Au champagne, le Dr Chambon prononça un magnifique discours que nous sommes heureux de reproduire :


Cher Monsieur Bertrand,

Ce matin, à l'issue d'un déjeuner dont le caractère officiel n'excluait pas la franche cordialité, notre distingué adjoint vous a adressé, en des termes des plus heureux, des plus choisis et des plus vrais les félicitations du Conseil à l'occasion de vos 25 années de magistrature municipale.

Ce soir, c'est dans la chaude atmosphère de sympathie d'un banquet offert par les Commerçants et vos amis, que j'ai l'honneur de prendre la parole pour me faire l'interprète des sentiments cordiaux de cette assemblée qui a saisi avec empressement et spontanéité l'occasion de vous témoigner, une fois de plus, l'attachement qu'elle porte à votre nom et à votre personne.

A peine l'idée d'une manifestation en votre honneur fut-elle lancée que les concours, les adhésions, les approbations affluèrent et surgirent de toutes parts, et, si je tiens à signaler le fait, c'est pour vous montrer, Monsieur Bertrand, combien votre popularité est toujours grande et comme il est facile de déclencher un mouvement de sympathie en faveur de votre personne, à l'appel de votre nom.

Donc, ce soir, c'est le banquet de l'amitié que vous présidez et je ne crois pas me tromper en disant qu'après tant d'autres banquets fastueux, dont le souvenir reste vivant en nos esprits, et qui étaient dus à votre munificence, celui-ci, bien que restreint de nombre, n'en restera pas moins dans notre mémoire comme un des plus agréables auxquels vous ayez pris part.

Certes, ce soir, le nombre des convives ne se chiffre pas par centaines ; mais tous ceux qui sont là, qui ont tenu à venir et à se grouper autour de vous, sont bien vos amis éprouvés et fidèles, et si leur nombre n'est pas plus grand, c'est à des difficultés d'ordre matériel que leur phalange doit être limitée. Mais le retentissement de la fête que nous vous offrons a soulevé un écho de sympathie et d'approbation chez tous nos concitoyens, et je suis sûr de ne pas me tromper en disant que si nous ne sommes ici que quelques uns à vous apporter nos félicitations, derrière nous, le cœur de la population entière de Cabourg bat à l'unisson de nos propres sentiments en faveur de votre personne !

Et comment pourrait-il en être autrement ? N'êtes-vous pas, depuis 25 ans, l'ami de tous les cabourgeais et n'est-il pas juste que Cabourg entier vous exprime, par ma voix, et sa reconnaissance et son attachement. Ce n'est pas au maire de Cabourg que s'adresse ce discours que j'aurais voulu plus éloquent - et qui n'a qu'un mérite, celui de la sincérité dans ce qu'il exprime, mais à l'homme qui, depuis 25 ans, a mis dans cette cité un peu de son or et beaucoup de son cœur !

Journal de Cabourg - Jeudi 12 mai 1921

 

     

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