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Cabourg, le samedi matin 26 juillet 1913
Mon cher Bunibuls,
C'est
moi qui cette fois suis parti sans " crier gare ". Une
heure avant je ne le savais pas et je téléphonais
à Madame Bizet (pour tâcher de placer comme chauffeur
le pauvre Ulrich qui meurt de faim) en lui disant que je ne quitterais
sans doute pas Paris cette année. Puis quand je me suis décidé
j'aurais pu vous vous téléphoner et peut'être
aurions-nous pu nous joindre (quoique c'eût été
comme temps, impossible) mais j'ai craint ma faiblesse et dû
préférer partir à vous dire au revoir.
Je vous écris après un voyage terriblement mouvementé,
un automobile qui s'est égaré etc., à cinq
heures du matin, en arrivant dans cet hôtel où je reviens
pour la sixième année et où je suis très
bien.
Mille tendresses mon Guncht. Je vous écrirai rarement car
Grasset me réclame mes épreuves pas commencées
!
Mon Gentil, ceci " tombeau ", vous serait-il facile ravoir
(non pour le faire publier mais pour que je puisse rentrer en possession,
je vous expliquerai pourquoi) le petit article que j'avais envoyé
à Hébrard sur la Colline Inspirée. Si c'est
difficile vous me le direz franchement.
Remerciez bien M. de la Romiguière de sa lettre. Je vais
m'occuper sur place de la chose si Ruhl est ici ce que je ne sais
encore car je suis arrivé à cinq heures matin et il
est cinq heures et demie et j'écris à mon Buninuls
avant me coucher.
Marcel
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