C’est la plus belle plage qu’on puisse rêver…

Cabourg s’est constituée au fil des siècles grâce à la progression d’un mince cordon dunaire formé de sable fin déposé par les vents et les courants, fermant peu à peu la vaste baie s’étendant de Ouistreham à Dives-au- Sauveur (Dives-sur-Mer aujourd’hui) jusqu’à Robehomme.

En 1853, Cabourg n’est qu’un bien modeste village de pêcheurs lorsqu’un homme d’affaires et avocat parisien, Henri Durand- Morimbau, séduit par la beauté naturelle du site qu’il contemple depuis la « Pointe aux Lapins » (actuelle Pointe de Cabourg), décide d’y créer, à la place des dunes et des quelques herbages qui séparent le « vieux » Cabourg du rivage, une ville nouvelle de « Bains de mer ». Bientôt, sous sa direction et sous le crayon de Paul Leroux, jeune architecte de Caen, naît le plan si remarquable et original, en forme d’éventail ou mieux de théâtre gréco-romain, de « Cabourg-les-Bains ». Notre plage, longue de plus de quatre kilomètres entre l’avenue des Devises et la Pointe de Cabourg, faite de sable fin coquillier, en pente douce, sûre, avec un estran modéré, constitue depuis le milieu du XIXe siècle l’attrait touristique majeur de notre station.

George Sand, le 30 juillet 1872, écrit à son fils depuis le « Grand Hôtel de la Plage » où elle passera un mois avec ses petites filles : « Elles ne cessent de courir pieds nus sur le sable fin. C’est la plus belle plage qu’on puisse rêver, nos filles en sont ivres, les coquilles qu’on ramasse, les vagues qu’on attend, les puits qu’on creuse dans le sable avec les petites pelles et que la mer vient remplir, c’est un délire perpétuel ».

Trente ans plus tard, Marcel Proust à son tour viendra à Cabourg pour bénéficier de l’air marin iodé et vivifiant. Il écrira, peu après son arrivée au Grand Hôtel, à son fidèle ami Reynaldo Hahn : « Ici, je me sens bien ; je peux enfin respirer et sortir ». Il effectuera de nombreux séjours à Cabourg – Balbec, synonymes de jours heureux qu’il rapportera dans de magnifiques pages des « Jeunes Filles en Fleurs ».

Aujourd’hui notre plage attire quotidiennement des milliers de touristes. On estime que sa fréquentation peut dépasser soixante mille personnes ! Nous devons la protéger contre diverses agressions : déchets, mégots, papiers, verre, piétinement. Les Services de la Ville veillent chaque jour à sa propreté, à son nivellement, à sa sécurité. Mais elle doit aussi être équipée : sanitaires, douches, clubs de plage et restaurants, et surveillée. Le touriste veut de nos jours une offre variée. Il est devenu exigeant en termes d’équipements de qualité, notamment pour les enfants.

La Ville de Cabourg veut être exemplaire. Elle le sera et s’est dotée, via quatre Délégations de Service Public 1 votées à l’unanimité lors du dernier Conseil Municipal, d’instruments réglementaires qui lui permettront de sélectionner demain, c’est-à-dire pour l’été 2009, les meilleurs délégataires possibles.

La plage de Cabourg continuera d’accueillir petits et grands avec une offre touristique renouvelée et diversifiée.

Nous aussi, nous pourrons demain comme aujourd’hui « nous sentir bien » sur le sable doré, au pied de la Promenade de l’Impératrice devenue au fil du temps Boulevard des Anglais puis Promenade Marcel Proust.


Docteur Jean-Paul Henriet

Maire de Cabourg