1940 à 1946...



Survient la Seconde Guerre Mondiale. La " drôle de guerre " entraîne un arrêt brutal de toute activité touristique. Les préoccupations sont ailleurs. Le Havre est bombardé, notamment ses " docks " et les réfugiés sont logés dans les grandes villas d’estivants réquisitionnées. Le pont de Cabourg échappe de peu aux nombreuses bombes allemandes.



Cabourg occupée par les Allemands

La défaite consommée, les vainqueurs arrivent : les premiers " occupants " seront deux officiers allemands aperçus à la terrasse du Central ; la Mairie est contrainte de réquisitionner des voitures de cabourgeais, en particulier les fameuses tractions avant… Le Grand Hôtel et le Casino sont occupés à leur tour ainsi que d’autres grandes villas en bord de mer ; la Kommandantur s’installe d’abord avenue de la Mer puis avenue de Bavent.

Cabourg : Ville de repos pour les Allemands

Cabourg est considérée comme une ville de repos et de détente pour les allemands des environs, avec " 3 maisons de joie " dont l’une, des Officiers, avenue Bertaux Levillain, deviendra, à la Libération, l’école libre de filles !!!

Un but de football est aménagé devant le Normandy Home. L’accès à la plage reste libre et les déplacements autorisés.

1943 : les occupants sévissent

Mais à partir de 1943, l’ambiance change, les méthodes de l’occupant aussi : l’entreprise Todt construit des blockhaus (sur la Digue, sur le château est du Grand Hôtel) et aménage un dense réseau " d’asperges de Rommel " et de croisillons anti-chars sur la plage ; la digue reste accessible en certains endroits mais tous les hôtels sont occupés.

La préoccupation majeure : s’alimenter

L’activité commerciale se résume aux seules préoccupations alimentaires mais les rations sont maigres, régulées par des tickets bien restrictifs : par exemple, le J3 accorde 350 grammes de pain par jour pour un jeune.

Les cabourgeais s’inventent cultivateurs : les jardins se multiplient (même le champ de course !!!), les élevages de poules et lapins aussi, le marché noir s’organise, en particulier avec la campagne ; les pommes de terre deviennent la base de l’alimentation ; les écoles distribuent des vitamines et organisent des sorties pour apprendre aux enfants à cultiver la terre et aussi à " attraper " les doryphores à la main…

Arrestations

La Kommandantur se met à sévir : des arrestations sont opérées notamment de juifs et d’étrangers. Des cabourgeais partent avec le STO. En 1943, l’écoute illicite de la patriotique émission " Les français parlent aux français ", la voix de Londres, se répand et on commence à sentir qu’un événement majeur, le débarquement des Alliés, se prépare.

Le débarquement se prépare

Mais où ? Par précaution, les allemands ouvrent les vannes de la Divette : le marais est inondé avec… invasion de moustiques dans les maisons cabourgeaises.

La résistance s’organise

La résistance s’organise peu à peu : les actions de sabotage se multiplient. Des cabourgeais adultes sont réquisitionnés pour surveiller les lignes téléphoniques.

La défense passive, organisme civil, s’installe avenue de la Mer : sa mission est d’intervenir en cas de bombardements et de s’assurer de l’absence de lumières le soir ou la nuit. Les raids aériens se font plus nombreux, plus bruyants, plus proches.

Le 5 juin 1944…

Le 5 juin 1944 au soir, vers 23 heures, la sirène d’alerte mugit pour la dernière fois : elle ne sonnera jamais la fin de l’alerte… La population restante (beaucoup avaient déjà fui vers l’intérieur) entend des ronflements quasi continus. Mais les Jardins du Casino sont minés, la Promenade des Anglais aussi.

Il est strictement interdit d’atteindre la digue ainsi que toutes les rues situées au nord de l’axe formé par les avenues Clémenceau à l’ouest et Albert 1er à l’est.

Des habitants montent dans le haut de la Villa Chantereine pour apercevoir l’armada. Des obus passent au dessus de Cabourg, tirés des bunkers de Sarlabot et des Vaches Noires. La population est évacuée jusqu’en Mayenne et Orne. Mais la garnison de Cabourg reste peu combative.

21 août 1944 : Libération de Cabourg

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Colonel
Jean-Baptiste Piron

Le 21 août, les Belges de la Brigade Piron libèrent un Cabourg déserté. Les réfugiés reviennent courant septembre. Cabourg ne présente que quelques destructions : surtout l’intérieur des grandes villas transformées en bunkers mais dont l’aspect extérieur n’a pas été modifié ; des canons installés dans la Salle de restaurant du Grand Hôtel sont pointés vers le large… Après la victoire, les prisonniers allemands reviennent aussi, mais pour déminer la plage et la digue.







Dr Jean-Paul Henriet

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